Entre théâtre et opéra:“Créer des brèches” – Florent Siaud

Au printemps 2026, Florent Siaud est à l’affiche de deux grandes scènes parisiennes : la Comédie-Française avec Lumières, lumières, lumières d’Evelyne de la Chenelière (du 13 mai au 28 juin), et le Théâtre des Champs-Élysées avec L’Enlèvement au sérail de Mozart (du 3 au 12 juin).

Deux créations qui donnent à voir, dans une même ville et à quelques semaines d’intervalle, les deux versants d’un même univers : théâtre et opéra.

Au cœur de son travail, une lecture aiguë des œuvres. Ancien normalien, agrégé de lettres, Florent Siaud scrute textes et partitions au plus près, jusqu’à en faire surgir les failles, les tensions, les zones d’ombre. De Racine à Tchekhov, de Mozart à Wagner, cette exigence constitue le point de départ d’un langage scénique où les œuvres deviennent des espaces de résonance psychiques, politiques, sensibles.

« Je dépérirais si je devais me cantonner à une seule voie. Il y a tellement de galeries souterraines entre les œuvres et les siècles que j’ai encore besoin d’explorer. »

Il revendique un va-et-vient constant entre les formes : amener du lyrisme au théâtre, et de l’exigence théâtrale à l’opéra. Une circulation qui structure sa signature, nourrie par une recherche d’équilibre entre lisibilité et mystère :
« J’essaie de créer des brèches, des moments où le conscient peut partir vers l’inconscient. »

Sa trajectoire se construit entre la France et le Québec, où il découvre dès 2007 une approche du jeu plus physique, « où le corps devient texte ». Il y fonde sa compagnie Les Songes turbulents, pensée comme une aventure transatlantique, à cheval entre Montréal et la France.

Ces deux créations s’inscrivent dans un travail au long cours avec une équipe artistique québécoise fidèle – scénographie, costumes, lumière – qui l’accompagne depuis de nombreuses années. Un compagnonnage qui nourrit un langage commun, à la fois rigoureux et sensoriel.

Lumières, lumières, lumières
Texte d’Evelyne de la Chenelière
Mise en scène Florent Siaud
Du 13 mai au 28 juin 2026 – Comédie-Française

L’Enlèvement au sérail
de Mozart

Mise en scène Florent Siaud
Du 3 au 12 juin 2026 – Théâtre des Champs-Élysées

LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES

Texte d’Evelyne de la Chenelière
Du 13 mai au 28 juin 2026 – Comédie-Française

Lumières, lumières, lumières répétitions

Librement inspirée de Vers le phare de Virginia Woolf, Lumières, lumières, lumières concentre le roman sur un face-à-face entre deux femmes : Madame Ramsay, figure d’un idéal victorien tourné vers le dévouement et l’ordre social, et Lily Briscoe, artiste indépendante, en lutte avec les normes de son époque et avec elle-même.
Entre elles, une tension profonde : admiration, rejet, fascination, désir d’émancipation. Dix ans séparent les deux temps de la pièce, mais c’est surtout une traversée intérieure qui se joue, celle d’une conscience en mouvement, travaillée par la mémoire, le manque et la création.
Avec ce texte, Evelyne de la Chenelière ne cherche pas à adapter Woolf, mais à en faire résonner la matière intime : flux de pensée, glissements du temps, instabilité du réel. L’écriture devient fragmentaire, presque kaléidoscopique, pour donner forme à ce qui échappe au récit linéaire.
Ce projet prolonge un travail commun engagé depuis plusieurs années entre Florent Siaud et l’autrice, dont il signe ici la huitième collaboration.Une fidélité fondée sur une même exigence : faire du théâtre un lieu où l’intériorité devient expérience sensible, où les tensions invisibles prennent corps, où le langage tente, toujours imparfaitement, de saisir le réel.

AU CŒUR DE LA MISE EN SCÈNE AVEC FLORENT SIAUD

Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir ce texte pour la Comédie-Française ?
Ce texte prolonge une relation artistique construite dans la durée avec Evelyne de la Chenelière: c’est notre huitième collaboration. Ce qui me touche ici, c’est sa capacité à faire émerger, à partir de Virginia Woolf, une vie intérieure d’une grande complexité, sans jamais la simplifier.

La pièce ne raconte pas à proprement parler : elle révèle, elle donne accès à ce qui se joue sous la surface des êtres, dans leurs contradictions les plus profondes.

Comment traduire sur scène cette écriture fragmentée et ce flux de conscience ?

Evelyne de la Chenelière ne propose pas un récit linéaire, mais une forme discontinue, faite de ruptures, de glissements entre les temps et les états. Cela nous a conduits à imaginer un espace presque mental : un lieu labyrinthique où les personnages apparaissent et disparaissent, comme pris dans des strates de mémoire et de perception.

La mise en scène n’illustre pas ce mouvement : elle l’accompagne. Il s’agit de rendre sensible ce télescopage permanent de sensations, d’images et de pensées qui constitue la vie intérieure.

Qu’est-ce qui se joue entre Madame Ramsay et Lily Briscoe ?

Ces deux figures incarnent des tensions qui traversent toute une époque et qui nous traversent encore : entre conformisme et émancipation, entre désir de plaire et désir d’exister.

Mais au-delà de cette opposition, c’est une zone plus trouble qui apparaît : une fascination réciproque, une manière pour chacune de devenir le miroir déformant de l’autre.

La pièce donne ainsi corps à un conflit intérieur profond, presque irréconciliable, celui d’une identité qui se construit dans la contradiction.

Comment la mise en scène s’écrit-elle avec votre équipe artistique ?

Ce travail s’élabore avec une équipe avec laquelle un langage commun s’est construit au fil des années. Nous partageons une même attention aux circulations entre les dimensions visibles et invisibles du plateau.

Avec le scénographe Romain Fabre, nous avons imaginé un espace mental, évolutif, où les présences surgissent et se dissipent. La lumière, conçue avec Nicolas Descôteaux, scande les états, fait apparaître ou disparaître, ouvre des zones de trouble.

La vidéo et le son prolongent cette écriture : ils ne décrivent pas, ils résonnent et accompagnent les états intérieurs.

Ce qui importe, c’est que tous ces éléments participent d’un même mouvement, d’une même écriture. 

En tournée au Canada

Après sa création en mai 2026 au Studio-Théâtre à la Comédie-Française, Lumières, lumières, lumières, première coproduction de la Comédie-Française avec le Québec à travers la compagnie Les songes turbulents, sera présenté en septembre et octobre 2026 au Canada : • Montréal – Théâtre Denise-Pelletier : du 2 au 19 septembre • Québec – Domaine Cataraqui (lecture publique) : 7 septembre • Longueuil – Théâtre de la Ville : 22 septembre • Ottawa – La Nouvelle Scène Gilles Desjardins (anciennement Théâtre du Trillium) : 24, 25 et 26 septembre • Mauricie – Chapelle du Camps du Lac vert, dans le cadre du Festival « Arts en Mauricie » (lecture publique) : 27 septembre • Baie-Comeau – Centre des Arts : 30 septembre • Rimouski – Théâtre du BIC : 3 octobre • Saguenay – Théâtre La Rubrique : 7 octobre. D’autres lieux et dates sont susceptibles de s’ajouter.

Distribution

Texte : Evelyne de la Chenelière
Librement inspiré de Vers le phare de Virginia Woolf
Mise en scène : Florent Siaud
Coproduction : Comédie-Française, Les songes turbulents
Avec la troupe de la Comédie-Française
Florence Viala, Aymeline Alix
Assistance à la mise en scène : Natalie van Parys
Scénographie : Romain Fabre
Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
Lumières : Nicolas Descôteaux
Conception sonore : Vincent Legault
Spatialisation sonore : Maxime Gamache
Vidéo : Éric Maniengui
Direction de production pour la tournée : Mélodie Lupien
Le texte est publié par les Éditions Théâtrales.
Spectacle créé au Studio-Théâtre de la Comédie-Française à Paris en mai 2026.
Partenaire de coproduction : Les Théâtres de Compiègne

Soutiens : Conseil des arts de Montréal, Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Institut-Français, Délégation générale du Québec à Paris, Ambassade de France au Canada, Région Hauts-de-France, DRAC des Hauts-de-France, Conseil départemental de l’Oise.

contacts

Coordination de la communication
Florent Siaud – Les Songes Turbulents
Isabelle Gillouard : mail@isabellegillouard.com

Relations médias
Comédie-Française
Vanessa Fresney : vanessa.fresney@comedie-francaise.org
01 44 58 15 44

Théâtre des Champs-Elysées
Aude Bismuth: abismuth@theatrechampselysees.fr
01 49 52 50 70

Canada
Rugicomm
Valérie Grig : valerie@rugicomm.ca
Laurence Rajotte-Soucy : laurence@rugicomm.ca

Diffusion
En Votre Compagnie
Olivier Talpaert : oliviertalpaert@envotrecompagnie.fr
Edouard Delelis : edouard.delelis@envotrecompagnie.fr