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Hippolyte et Aricie ’09

FONCTION > stagiaire à la mise en scène
Opéra / XVIIe / FRANCE
LIVRET > L’abbé Simon-Joseph Pellegrin
MUSIQUE > Jean-Philippe Rameau
DIRECTION MUSICALE > Emmanuelle Haïm
MISE EN SCENE > Ivan Alexandre
CHOREGRAPHIES > Natalie van Parys
DISTRIBUTION  > Stéphane Degout, Anne-Catherine Gillet, Frédéric Antoun (en alternance avec Philippe Talbot), Allyson McHardy, Jaël Azzerati, Françoise Masset, Jennifer Holloway, Johan Christensson, François Lis, Jérôme Varnier, Emiliano Gonzalez Toro, Aurélia Legay, Nicholas Mulroy, Marc Mauillon.
FORMATIONS > Orchestre et chœur du Concert d’Astrée, danseurs et danseuses de la compagnie Les Cavatines
PRODUCTION > Capitole de Toulouse

Premier opéra de Jean-Philippe Rameau, cette tragédie lyrique de 1733 est d’une richesse telle que Campra la commentera ainsi : “Il y a dans cet opéra assez de musique pour en faire dix ; cet homme nous éclipsera tous.” De la Phèdre de Racine, le librettiste ne garde ici qu’une trame sur laquelle il fait fleurir un spectacle éblouissant, convoquant divinités, héros, monstre marin, choeurs et corps de ballet. Sacrilège ou transgression salutaire ? Loin de craindre le merveilleux, la mise en scène d’Ivan Alexandre fait en tout cas le choix de s’en délecter. Aidée par un ensemble (le Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm), des costumes (Jean-Daniel Vuillermoz), des décors (Antoine Fontaine), des chorégraphies (Natalie van Parys) et des éclairages (Hervé Gary) évoluant sur un égal niveau de somptuosité, elle a été couronnée par un large succès critique et public.

> En savoir +

– Visionner un reportage vidéo sur la création du spectacle au Capitale de toulouse.

– Lire le texte du programme de salle : Florent Siaud a écrit un article intitulé “Les Renaissances d’Hippolyte” pour le programme de salle des représentations du Capitole de Toulouse. Il y effectue un retour sur les métamorphoses du mythe de Phèdre, avant que Rameau et son librettiste ne s’en emparent pour en faire l’une des tragédie lyrique les plus foisonnante de l’histoire de l’opéra en France.

– Presse :

Avec le concours du peintre scénographe Antoine Fontaine et du costumier Jean-Daniel Vuillermoz (les deux sur la Reine Margot de Chéreau), de l’éclairagiste Hervé Gary et de la chorégraphe Natalie van Parys, aguerrie au style baroque via les Arts florissants, Ivan Alexandre, fidèle à la lettre ramiste, a voulu accorder ce qu’on voit avec ce qu’on entend, et s’en est donné les moyens. On est confondu par la beauté des tableaux, monumentaux, oniriques, par la gestion millimétrique de l’espace, le raffinement du geste et le poids conféré aux chanteurs. Transfuge des Arts florissants de Christie avant de fonder son Concert d’Astrée, en 2000, la claveciniste et chef Emmanuelle Haïm dirige son propre ensemble sur instruments anciens, toujours impressionnant de justesse d’intonation, de virtuosité instrumentale et d’esprit. (…) Bien que souffrant, le ténor canadien Frédéric Antoun se tire vaillamment du rôle d’Hippolyte, face à l’Aricie au soprano charnu et ductile d’Anne-Catherine Gillet. Saisissante (de timbre corsé et capiteux, de tempérament et de projection) est la Phèdre de la mezzo américaine Allyson McHardy. Diane de charme de la mezzo, américaine également, Jennifer Holloway, Amour pétulant de Jaël Azzaretti, Pluton racé du baryton François Lis, Neptune limpide de Jérôme Varnier, le style ramiste, déclamatoire et éloquent est servi avec art. Enfin, dix ans après avoir emballé en Papageno à Aix, Stéphane Degout compose un Thésée dévastateur : volume, projection, ardeur du mot, c’est le baryton français le plus naturellement et efficacement émotionnel de sa génération. Déployant progressivement ses charmes, de l’aride au somptuaire, cet Hippolyte et Aricie est magistral.”

(LIBERATION, Eric Dahan)

Ce spectacle est d’un raffinement extrême, pour en appeler à la langue de l’abbé Pellegrin, librettiste de cette première tragédie lyrique d’un Rameau déjà âgé de 50 ans (1733). Les costumes aux harmonies voilées de Jean-Daniel Vuillermoz sont d’une élégante beauté, comme les lumières d’outre-monde d’Hervé Gary ou les ingénieux décors de toiles peintes (plus de 2 500 m2 !) par Antoine Fontaine. Les chorégraphies de Natalie Van Parys sont d’une force émotionnelle rare, portée par les excellents danseurs de la compagnie Les Cavatines. (…) Thésée de Stéphane Degout, magistral de noblesse et d’intensité, la Phèdre incandescente de la mezzo américaine Allyson McHardy (une révélation) et l’Amour de Jaël Azzaretti, angelot narquois et matois.

(LE MONDE, Marie-Aude Roux, “Raffinement extrême pour “Hippolyte et Aricie”)

Évidence d’une pure beauté esthétique, d’abord : les fascinants décors en trompe l’œil d’Antoine Fontaine, les incroyables perruques et crinolines de Jean-Daniel Vuillermoz, les éclairages à la rampe d’Hervé Gary, la chorégraphie vivante de Natalie Van Parys, ressuscitent un monde d’illusion, d’un raffinement inouï, dont les images compteront parmi les plus splendides que l’on ait vues depuis longtemps. (…) Très beau plateau, dominé par le Thésée de Stéphane Degout, tout simplement exceptionnel, la ­Phèdre incandescente d’Allyson McHardy, l’Amour virevoltant de Jaël Azzaretti, mais tous seraient à citer.

(LE FIGARO, Christiane Merlin, “Le Capitole fête Rameau dans toute sa splendeur”)